Retour en cartes

L’OTAN et ses partenariats en 2025 : Une alliance étendue à réseau variable

Cette carte est également disponible en téléchargement libre en format PDF ici
Créée en 1949 pour assurer la défense collective du bloc transatlantique dans un contexte de Guerre froide, l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) n’a cessé d’élargir à la fois son périmètre géographique et ses modalités d’action.

Aujourd’hui composée de 32 membres, l’Alliance repose sur un socle d’engagement mutuel (article 5 du Traité), mais elle a aussi développé, depuis 1991, un réseau de partenariats différenciés, lui permettant d’étendre son influence sans pour autant s’élargir formellement.

Ces partenariats, dits “à la carte”, s’adaptent aux contextes régionaux et aux intérêts stratégiques de ses interlocuteurs, prenant des formes différenciées, avec :

  • Le partenariat pour la paix : un format créé en 1994, qui cible en priorité les pays d’Europe orientale et d’Asie centrale en transition post-soviétique.
  • Le Dialogue méditerranéen : un format qui engage sept Etats du sud de la Méditerranée, dans une logique de stabilité régionale.
  • L’initiative de coopération d’Istanbul : un format lancé en 2004, qui renforce la coopération sécuritaire avec plusieurs monarchies du Golfe.
  • Les partenaires mondiaux : un format visant des coopérations bilatérales stratégiques, sans perspective d’adhésion.

L’ensemble de ces dispositifs s’inscrit alors dans une logique de coopération modulaire, permettant à l’OTAN d’adapter ses leviers d’influence, d’interopérabilité militaire, de dialogue politique et de gestion de crise, en fonction des zones d'intérêt géopolitique, tout en renforçant sa présence hors de l’espace euro-atlantique.

Sur le plan institutionnel, pour encadrer ses partenariats, l’OTAN a mis en place une logique souple mais structurée, avec des forums et cadres spécifiques, à savoir :

  • Le Conseil de partenariat euro-Atlantique (CPEA) : qui permet un dialogue régulier avec les partenariats pour la paix.
  • Les plans d’actions individualisés (IPAPs) : qui structurent les relations bilatérales.

L’Alliance entretient également des partenariats avec des organisations internationales, à savoir : l'Organisation des Nations Unies, l’Union européenne et l’OSCE, qui témoignent d’une certaine coopération croisée sur les enjeux de sécurité globale.

Enfin, bien que l’Union africaine ne soit pas intégrée à un partenariat formel, l’OTAN coopère ponctuellement avec elle, notamment dans le cadre de soutiens logistiques aux missions de paix africaines. Ce type de collaboration, bien que non institutionnalisé, illustre quant à lui une ouverture progressive de l’Alliance à des formes de coopération à géométrie variable, dans un environnement de sécurité internationale en recomposition.

Aujourd’hui, l’OTAN fait face à des défis géopolitiques renouvelés, tels que la guerre en Ukraine et la montée des tensions avec la Russie, l’instabilité dans le voisinage sud, la montée en puissance de la Chine, les menaces hybrides, les cyberattaques, mais aussi les discordes au sein même de ses membres. Ces défis exigent alors de conjuguer solidarité interne et coopération externe, dans un environnement international fragmenté. L’extension de l’Alliance et la densification de ses partenariats répondent donc à une même logique : celle de préserver la capacité d’action collective face à une conflictualité globale, protéiforme et mouvante.

Sources :

Inès Deniau
Made on
Tilda