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Les opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies depuis 1948

Carte mondiale des opérations de maintien de la paix de lONU en cours au 20 août 2026 montrant leur localisation leurs effectifs et leur chronologie de déploiement depuis 1948.

Les opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies depuis 1948



1948 : la naissance des opérations de maintien de la paix

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution 181 (II) qui prévoit la partition de la Palestine en deux États, l’un juif et l’autre arabe, ainsi que le placement de la ville de Jérusalem et ses environs sous contrôle international, en tant que corpus separatum. Au lendemain de la proclamation de l'État d’Israël, le 14 mai 1948, une guerre éclate entre le nouvel État et les pays arabes voisins. Le Conseil de sécurité appelle alors à la cessation des hostilités et charge un groupe d’observateurs militaires d’assister le Médiateur des Nations Unies dans la supervision de la trêve. En 1949, ce groupe devient l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (UNTSO), première opération de maintien de la paix des Nations Unies.



Des missions d’observation aux opérations multidimensionnelles

Depuis, plus de deux millions de Casques bleus, militaires, policiers et civils, issus de 125 pays, ont servi au cours de 71 opérations de maintien de la paix. Après deux premières missions d’observation aux effectifs peu nombreux en 1948 (UNTSO) et en 1949 en Inde et au Pakistan (UNMOGIP), la première opération armée est déployée en 1956 en réponse à la crise du canal de Suez, en Égypte. Quatre ans plus tard, l’ONU lance au Congo sa première mission de grande envergure, qui mobilise près de 20 000 soldats. Au fil des années, les opérations de maintien de la paix deviennent plus nombreuses et plus complexes. Elles ne se limitent plus à surveiller les cessez-le-feu entre États, mais interviennent également dans des conflits intra-étatiques et se voient confier des missions telles que la mise en place d’institutions de gouvernance durables, l’aide à la réforme du secteur de la sécurité ou la facilitation de processus de désarmement. Des économistes, des juristes et des agents de police rejoignent progressivement les rangs des Casques bleus. En 1999, la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (UNMIK) est ainsi créée pour administrer temporairement le Kosovo et contribuer à la constitution d’un État de droit après le conflit.



Onze opérations de maintien de la paix aujourd’hui

Aujourd’hui, plus de 50 000 Casques bleus servent dans 11 opérations de maintien de la paix en Europe, en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient.



En Europe

En Europe, la MINUK demeure en activité malgré la déclaration d’indépendance du Kosovo en 2008. Son mandat est désormais axé sur la promotion de la stabilité, de la sécurité et du respect des droits fondamentaux dans le pays. À Chypre, les Casques bleus de l’UNFICYP surveillent quant à eux la zone tampon qui sépare les forces chypriotes grecques, qui contrôlent le sud de l’île, des forces chypriotes turques, qui contrôlent le nord.



En Asie

En Asie, le groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan (UNMOGIP) est la seule opération de maintien de la paix encore active dans la région. Après la partition d’août 1947, l'Inde et le Pakistan deviennent deux États indépendants et revendiquent tous deux le Jammu-et-Cachemire. Déployée en 1949 pour surveiller le cessez-le-feu entre les deux pays, l’UNMOGIP est aujourd’hui chargée de veiller au respect de celui établi le 17 décembre 1971, à la suite d’une reprise des hostilités en 1971. Son quartier général est situé à Islamabad de novembre à avril et à Sringar de mai à octobre.



Au Moyen-Orient

Au Moyen-Orient, les observateurs militaires de l’ONUST restent déployés pour empêcher les incidents de dégénérer en conflit généralisé, pour surveiller les cessez-le-feu et appuyer les autres opérations de maintien de la paix déployées dans la région. De même, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (UNIFIL) établie en mars 1978 pour superviser le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban et la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (UNDOF) déployée en 1974 après la conclusion d’un accord sur le désengagement des forces israéliennes et syriennes du Golan, continuent aujourd’hui d’œuvrer à la cessation des hostilités dans la région.



En Afrique

Quatre opérations de maintien de la paix sont en cours sur le continent africain : au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, dans le Sahara occidental et à Abyei. Au Sahara occidental, la MINURSO, établie en 1991 pour soutenir le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, surveille les activités militaires dans la région pour prévenir les hostilités. Lorsque le Soudan du Sud naît le 9 juillet 2011 après un processus de paix de six ans, le Conseil déploie la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS) pour consolider la paix et la sécurité dans la région, et contribuer à mettre en place les conditions nécessaires au développement du pays. Comme pour la MINUSCA établie en 2014 en République centrafricaine, la priorité de la mission est aujourd’hui la protection des civils, la facilitation de l’aide humanitaire et la protection des droits fondamentaux. Enfin, à Abyei, territoire riche en ressources disputé entre le Soudan et le Soudan du Sud, la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (UNISFA) contribue au maintien de la zone démilitarisée, à la protection des civils et à l’acheminement de l’aide humanitaire.



Des missions profondément transformées depuis 1948

Depuis 1948, les opérations de maintien de la paix sont ainsi passées d’opérations de surveillance des cessez-le-feu interétatiques à des missions multidimensionnelles, associant militaires, policiers et personnels civils.



Sitographie

Zélie Le Roy
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