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La dissuasion avancée en Europe
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La dissuasion avancée en Europe
Cette carte est mise à jour régulièrement. Dernière mise à jour : 17 septembre 2026 à 12h.
Le 2 mars 2026, depuis la base navale de l'Île Longue dans le Finistère, Emmanuel Macron a prononcé un des discours les plus importants de son second mandat. Après avoir dressé la liste des menaces pesant sur la France, il a annoncé un renforcement et une modernisation de l'arsenal nucléaire français, ainsi que la mise en place d'une « dissuasion avancée ».

Il s'agit d'une dissuasion pensée à l'échelle du continent. Le président Emmanuel Macron a rappelé que les intérêts vitaux de la France dépassent le territoire français et ont une dimension européenne. La démarche se veut progressive : les partenaires européens pourront prendre part aux exercices de la dissuasion, et la France pourra aussi procéder à des procédures de signalement au-delà de ses frontières, d'associer des forces conventionnelles alliées à ses activités nucléaires, voire de déployer ponctuellement des éléments de ses forces stratégiques chez ses alliés.

Huit partenaires ont rejoint l'initiative dès son lancement. Le Royaume-Uni, puissance nucléaire indépendante liée à la France par un engagement réciproque depuis 1995, occupe une place à part, et l'Allemagne est présentée comme un partenaire clé. La Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark ont accepté de rejoindre le dialogue proposé par Paris.

Ce cercle s'élargit peu à peu. La Norvège a en effet rejoint l'initiative deux mois après le discours de l'Île Longue, en mai. Le 14 septembre, la Finlande, qui partage une grande partie de sa frontière avec la Russie, est devenue le dixième partenaire européen à rejoindre la dissuasion avancée. Les deux pays ont d'ailleurs annoncé la création d'un groupe de pilotage nucléaire dans les mois à venir. Dans des propos relayés par le journal Le Monde, le président finlandais Alexander Stubb précise que l'initiative française vise d'abord à renforcer la sécurité européenne et à prévenir les escalades, sans se substituer à la dissuasion nucléaire de l'OTAN. Le même jour, le Premier ministre estonien Kristen Michal a indiqué que son pays était en discussion avec Paris sur une éventuelle participation de Tallinn.

Une initiative qui va au-delà du nucléaire. La dissuasion avancée repose aussi sur un « épaulement stratégique », via des moyens conventionnels renforcés en Europe, autour de trois priorités : l'alerte avancée contre les missiles, la maîtrise de l'espace aérien et les frappes en profondeur.
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